
Cette opportunité nous a permis de finaliser et expérimenter concrètement les réflexions que nous menons ensemble, de manière informelle et sur le terrain de la discussion, à
propos du travail collectif, de la place de chacun-e au sein d’un groupe et de l’organisation globale de ce dernier.
Mettre en spectacle le sport est aussi s’interroger sur son caractère de
divertissement et de catalyseur d’émotions collectives, comme l’est le théâtre antique ou la mise à mort des gladiateurs.
Le sport est un jeu, un espace et un temps organisé selon des règles, un cadre précis au sein duquel il est possible de rejouer certains comportements, d’expérimenter les notions de compétition, d’enjeu de la victoire ou de l’échec, afin de les comprendre, et peut-être de les
dé-jouer.
«Aller toujours plus haut, toujours plus vite, être plus fort», organiser son corps pour qu’il soit plus efficace, qu’il emprunte le chemin le plus direct pour parvenir à ses fins, bref, la question
du corps performant, virtuose, celle de son assujettissement à une technique, traversent la pratique sportive comme celle de la danse. Quelle place reste-t-il au sein de cet univers
gestuel et corporel codifié, procédural, uniformisé, pour d’autres gestes ? Comment penser nos «défaillances» comme des réussites, nos gestes maladroits comme des «beaux gestes»,
nos retards sur la ligne d’arrivée ?
Le sport, le jeu et la danse, ainsi articulés, nous amènent à choisir et travailler les formes
de l’aléatoire et de l’improvisation, et à questionner ces derniers comme une
possible jonction entre autonomie et cadre à respecter, dans la volonté de penser le fonctionnement d’un groupe et son organisation.